A ceux qui font la cuisine d'Osaka


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Il faut bien l'avouer, j'ai même dû m'y reprendre à plusieurs fois avec ce billet. J'écrivais sur les sons entendus, puisque notre projet est avant tout sonore, sur les oscillations sensorielles provoquées par les différents plats que nous avions goûté, mais quelque chose n'allait pas. J'ai alors compris : je ne commençais tout simplement pas par le bon bout.

En réalité, il est assez abstrait de parler de cuisine, aussi exquise soit elle. Quand je repense à ce projet, ce sont avant tout des visages, des mains et des voix qui me reviennent en mémoire : le regard à la fois humble mais déterminé de cette étudiante de l'école Tsuji, venue à Osaka pour faire de la cuisine son métier ; les gestes expérimentés de ce chef tempura, sachant à l'oeil et à l'oreille quand il devait retirer ses délices de l'huile ; les rires complices de cette famille tenant ce restaurant populaire d'okonomiyaki.

Des visages, des mains, des voix, c'est à dire des femmes et des hommes avant tout. Je me suis souvenu que c'est pour mettre en avant ces cuisiniers quelques fois sans prétention, mais apportant toute son âme à la cuisine d'Osaka que je m'étais lancé dans ce reportage. Certains ne sont pas nés dans la mégalopole, mais ils se sont imprégnés de son caractère si particulier, à la fois naturel, communicatif, curieux. Et ce caractère, ils le transmettent à ces plats s'adressant parfois aux plus gourmets, souvent aux plus gourmands. Mais que l'on ne s'y trompe pas : si l'ancien grenier du Japon a le souci de l'estomac bien rempli, ce n'est jamais au détriment de la qualité. Manger bien et bien manger, c'est tout à fait possible, n'en déplaise à ces nombreux restaurants situés en France qui vous servent d’infinitésimales quantités au prétexte que vous mangez « japonais ».

Mais je m'égare sans doute un peu. La seule chose qui doit me préoccuper à présent, c'est de vous transmettre un peu de l'esprit d'Osaka, donc de ses cuisiniers, et de leur cuisine via ce que je sais faire : le reportage.

Je précise bien reportage, car certains ont cru que nous souhaitions nous lancer dans de l'expérimentation sonore. Nous ne sommes pas musiciens et ne cherchons pas à l'être. Nous sommes journalistes. Ce qui nous intéresse, c'est l'atmosphère, mais elle ne doit pas, selon nous, écarter les informations que nous désirons relayer. Nous ne voulons pas sacrifier le fond pour la forme, nous sommes des personnes carrées et aimons le concret.

De même que lorsque l'on rapporte, on en perd forcément en route. Par choix souvent. Il y a des choses que nous ne pourrons hélas pas vous transmettre. Pas par mauvaise volonté, mais parce qu'il s'agit de souvenirs personnels, presque intimes qui ont vu le jour au contact des personnes que nous avons été amené à rencontrer, au contact de leur cuisine.

Pour une expérience des plus complètes, nous ne pouvons donc que vous encourager à vous rendre vous même à Osaka. Le but de notre reportage, c'est aussi ça au final : vous donner l'envie, via un media, de partir à la rencontre directe de cette ville et de ses habitants. Si c'est le cas, alors nous considérerons que notre travail est réussi.

D'ailleurs, il est temps de s'y remettre.

A.B pour Osaka Kitchen / Crédit photo : Angelo Di Genova-Osaka Safari

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